Le Canal du Midi : Un atout pour notre village

Un rêve de venu réalité
1667 : Dans le sud de la France débute l’un des projets les plus pharaoniques du Roi Soleil avec le château de Versailles : le creusement du canal du Midi, qui reliera l’océan Atlantique à la mer Méditerranée, un rêve caressé depuis l’Antiquité !
C’est un simple fermier des gabelles qui, en bon connaisseur du terrain, a trouvé la clé du problème : alimenter la voie d’eau par les eaux de la montagne Noire. Ce « Pierre-Paul Riquet » se qualifiera lui-même (dans une lettre adressée à Colbert) de « Moïse du Languedoc » et promettra « la grandeur, l’abondance et la félicité d’une œuvre impérissable ».
Plonger dans l’histoire du canal du Midi, c’est rencontrer des personnages hauts en couleur, des tempéraments, des ambitions personnelles et des inimitiés. C’est aussi suivre quatorze années de chantier qui ne furent pas un long fleuve tranquille et trois siècles de rebondissements entre l’ensablement, l’essor du transport de marchandises, la concurrence du train, l’arrêt du fret, la renaissance par la plaisance jusqu’à l’inscription de l’UNESCO.
Trois cent cinquante ans plus tard, le canal du Midi demeure le plus ancien canal d’Europe encore en fonctionnement, l’une des œuvres majeures du règne de Louis XIV, une fierté du Languedoc dont il a assuré la prospérité et désormais le cordon ombilical de la nouvelle région Occitanie.
La richesse d’un patrimoine universel
Le canal du Midi fut le tout premier canal inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité. L’UNESCO a vu en lui « l’une des réalisations les plus extraordinaires du génie civil de l’ère moderne (…) qui ouvrit la voie à la révolution industrielle » Pour le comprendre il faut s’intéresser à l’ingénieux système d’alimentation en eau de M. Riquet dans la montagne Noire, ses rigoles, ses bassins et réservoirs mais aussi aux défis techniques relevés pour la première fois en Europe et parfois même dans le monde (barrage de Saint Ferréol, tunnel du Malpas, pont canal de Répudre, écluse ronde d’Agde, escaliers d’Eau de Fonserannes). M. Riquet devait être soit fou, soit visionnaire (ou les deux) pour tenter une telle entreprise alors que personne ne maitrisait encore les principales lois de la physique et de l’hydraulique.
Mais le canal du Midi n’est pas qu’une prouesse technique, c’est aussi une œuvre d’art extraordinaire qui s’étend sur 240 kilomètres. Son concepteur et ses successeurs – comme Vauban – on eu le souci de l’esthétique architecturale pour les 350 ouvrages qui égrainent le parcours et le goût des beaux paysages. Au fil du temps, le ruban bleu s’est constitué un paradis vert dont, bien sûr, la voûte en cathédrale formée par ses 42 000 platanes qu’un élan collectif doit désormais reconstituer et protéger.
Une ligne de vie
Certains pensaient que la fin du transport de marchandises dans les années 80 signerait la mort du canal. C’était mal connaître cette vieille voie d’eau. Le tourisme lui a donné une seconde jeunesse avec pour apothéose l’inscription à l’UNESCO en 1996 et une renommée mondiale. Depuis, plus de 1.5 million de touristes viennent chaque année découvrir ses charmes et sa douce langueur.
Si 70% de ces visiteurs sont étrangers et que les autochtones peuvent donner l’impression de lui tourner le dos, réduire ce ruban d’eau à la foule des touristes serait une erreur. Plus de 350 ans après sa construction, le canal du Midi reste une formidable ligne de vie.
Il regorge d’un petit monde qui s’agite : il y a bien sur les « pénichards » qui ont choisi la vie sur l’eau, les sportifs en tout genre ( à pied, à vélo, en aviron), les artisans qui travaillent sur les bateaux, les acteurs culturels qui recréent un univers et toute une galerie de rêveurs qui espèrent redonner vie à un moulin, à une maison éclusière, à un bateau et même au commerce fluvial. Des individus qui ne se connaissent pas toujours mais qui forment une famille à part, unie par l’ADN commun : leurs bonnes volontés et leur amour du canal. Eux veulent voir le canal autrement, jouer leur rôle de passeurs d’histoires. Ce sont les acteurs du réenchantement.